22/12/2025
La crise immobilière est bien réelle, et l’article le montre justement.
Mais il me semble important d’y apporter une nuance essentielle : au-delà des coûts et de la conjoncture, la profession d’architecte est aujourd’hui fragilisée par une superposition excessive de réglementations, une véritable lasagne institutionnelle qui freine le bon exercice de notre métier.
Cette accumulation de normes, souvent bien intentionnées prises isolément, laisse peu de place — voire aucune — à l’audace architecturale, à l’expérimentation, à l’évolution du langage bâti. On en arrive à une situation paradoxale où l’architecte est avant tout gestionnaire de contraintes, au détriment de sa mission culturelle, sociale et artistique.
Il serait probablement impossible aujourd’hui de concevoir des projets aussi révolutionnaires que ceux de Victor Horta à l’époque industrielle, lorsque le métal ouvrait tous les possibles. Non pas par manque de talent ou d’idées, mais parce que le cadre réglementaire actuel rend l’architecture audacieuse presque impraticable.
Pourtant, l’architecture ne se limite pas à une équation économique. Elle est aussi un art, une pensée, une projection vers l’avenir. Elle participe à la qualité de nos territoires, à la beauté du quotidien, au bien-être des générations futures.
Alors la question mérite d’être posée, avec bienveillance mais lucidité :
que font nos décideurs pour simplifier, clarifier, et redonner de l’espace à la créativité architecturale ?
Comment réconcilier nécessaire régulation et liberté de concevoir ?
Restons optimistes : si l’on accepte de faire confiance à l’intelligence collective des architectes, si l’on allège les couches inutiles, l’architecture peut redevenir un moteur de sens, d’innovation et de beauté, au service de tous — et pas uniquement du businessAAPL@