07/03/2026
𝐔𝐧 𝐣𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐣𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧.
Avec le temps, j’ai compris qu’une entreprise non plus.
Quand j’ai fondé Malo Paysagement, je croyais bâtir une entreprise de conception paysagère centrée sur le végétal, sur la beauté et sur la création de lieux de vie plus harmonieux. Mais au fil des années, je me suis aperçue que ce que je construisais allait bien au-delà du paysage.
Mes échanges avec mes clients, mon parcours entrepreneurial, mes remises en question, l’écriture et tout le chemin personnel que j’ai parcouru ont fait émerger autre chose en moi. Une envie de parler d’authenticité, de relations humaines, de peur, de confiance… et de cette possibilité d’𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭.
J’ai envie d’ouvrir cet espace ici aussi.
Et pour cette première réflexion, j’ai envie de parler d’un sujet qui m’a longtemps mise inconfortable : 𝐥𝐚 𝐯𝐞𝐧𝐭𝐞.
J’ai toujours eu un certain préjugé envers les ventes. C’est presque ironique quand j’y pense, puisque mon père était vendeur. Dans mon esprit, vendre représentait un univers de performance, de chiffres, de tactiques et de rentabilité. Un monde où l’on apprenait à influencer, à répondre aux objections, à closer. Un monde où, bien souvent, l’humain passait au second plan.
Quand je suis devenue entrepreneure, j’ai dû apprendre à vendre moi aussi. Pendant longtemps, j’ai cru que pour réussir, je devais adopter ces codes. J’ai lu des livres, suivi des formations, appris des scripts, des techniques de closing, des façons de diriger un prospect vers un oui.
Je ne dirai pas que tout était mauvais. Certaines approches m’ont réellement aidée. Elles m’ont permis de mieux structurer mes appels, de mieux expliquer mon offre et de parler plus clairement de prix.
Mais malgré tout, quelque chose résistait en moi.
Il y avait un malaise que je n’arrivais pas à nommer.
Avec le recul, je comprends mieux ce qui me dérangeait : ce n’était pas la vente en soi.
C’était la vente lorsqu’elle devient une quête de contrôle.
Cette idée implicite que si un client n’achète pas, c’est nécessairement parce qu’on n’a pas bien vendu, qu'on a échoué. Comme si chaque objection devait être contournée. Comme si chaque hésitation devait être gérée. Comme si chaque conversation devait mener à un closing.
Je ne crois plus à cette vision.
Avec le temps, j’ai compris qu’un non n’est pas toujours un problème à résoudre. Parfois, ce n’est simplement pas le bon moment. Parfois, la personne n’a pas les moyens. Parfois, malgré toute notre bonne volonté, notre offre n’est tout simplement pas ce qu’il lui faut.
Et c’est correct.
Toutes les conversations n’ont pas à se terminer par une vente.
Je réalise aussi qu’on parle énormément de comment répondre aux objections, mais très peu de notre capacité à accepter qu’un client ne soit pas notre client idéal. Très peu de notre capacité à entendre un non sans le vivre comme un échec. Très peu de notre droit de ne pas plaire à tout le monde.
Pour moi, 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, c’est peut-être ça.
C’est vendre sans manipuler. Expliquer sans convaincre à tout prix. Écouter pour comprendre, pas seulement pour répondre. Laisser de l’espace au oui… mais aussi au non.
Je crois profondément qu’il est possible de bâtir une entreprise performante sans se déshumaniser.
C’est cette voie que j’ai envie d’explorer.
🌹