15/09/2026
"LOVE BOMB" • Huile et acrylique sur lin • 80 x 80 cm • 2026
Tout en haut sur ta cime,
au-delà des néons,
tu scintilles,
belle brindille
aux paillettes irradiées,
dans l’incendie d’été.
Sous la lassitude d’un monde à bout de souffle,
tu m’enlaces et te loves contre moi,
à l’abandon.
Tu coules dans le béton
et t’effaces dans mon ombre,
sur le balcon.
Les vagues se brisent en contrebas,
sur la mosaïque de la ville aux pigments délavés par le ressac.
C’est la fin du jour sur les Tours Pacifiques.
Ma main aux reflets métalliques se pose sur ta nuque.
Fébrile sous la vague rose,
tu respires en cascade,
et te noies à petits cris,
dans l’osmose.
À son paroxysme,
la déflagration balaye ta joie.
Tu sors de ton axe.
Climax.
Tu te dissous
dans le garde-corps
et te fonds dans la masse,
atomisée.
Pulvérisée,
tu disparais.
Plus une trace.
Sofigael M. • 2026
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Tout en haut de leur tour, deux êtres s’enlacent. Derrière eux, un champignon rose s’épanouit au-dessus de la mer. Jouissance ou anéantissement, la déflagration est imminente.
La femme est une possible métaphore de la planète Terre, et l’homme de l’humanité. Lui se confond avec le béton du balcon et de la ville en contrebas. Ce qu’il a bâti disparaîtra avec lui : garde-corps, tours et villes, tout sera atomisé. Il n'en restera aucune trace.
Love bomb, c'est aussi le "love bombing", l’amour martelé, qui submerge et fait perdre pied. Le champignon devient forme phallique, la vague rose, jouissance. L’homme disparaît dans l’ombre de la femme, sans que l’on sache lequel des deux emporte l’autre quand l'étreinte ou la relation atteint son paroxysme.
C'est enfin l'humanité qui ne veut rien voir. À l’abri supposé de leur hauteur, les humains tournent le dos à la guerre et poursuivent leur vie, absorbés les uns par les autres. Le monde peut bien brûler : "Après moi, la fin du monde".
https://www.sofigael-m.art/love-bomb/